Il y avait avant. Il y a maintenant.

Il y avait avant. Il y a maintenant.
C'est bizarre mais j'me souviens plus de certains détails... ça me fait peur.
On oublie le visage et l'on oublie la voix.

La coupure.

# Posté le jeudi 16 juillet 2009 14:54

Il ne répond pas, jette son manteau sur mes épaules et me serre dans ses bras. Il m'embrasse sur le front. Une larme roule sur ma joue, puis une autre. Je ne peux plus les retenir, c'est le trop-plein des émotions contraires qui bouillonnaient en moi qui s'épanche sans que je puisse rien faire. Trop vécu trop jeune, et trop seul. Je ne mérite pas qu'on s'occupe de moi. Je ne comprends pas. Je n'ai besoin de personne. On cherche l'amour, on croit le trouver. Puis on retombe. De haut. Mieux vaut tomber que ne jamais s'élever ? Tu fais de ta vie un calvaire. Des visages implorants, la solitude, des mains sales, un bébé qui pleure, la nuit, le néant... Le néant est une question de point de vue. Des bras m'enserrent et annihilent ma détresse, je sens une caresse dans mes cheveux, sur mes yeux qui me brûlent, sur mes joues inondées, sur mes lèvres avides. Je ne sais plus pourquoi je pleurais. Je ne pleure plus. Plus vraiment ? Ca coule toujours mais c'est parce que je ne peux pas l'arrêter. Je suis si bien.
L'espoir renaît du fond du gouffre.
Ré-illusionnée.
Peut-être que ce sont des larmes de joie...
Je ne sais pas.

L. Pille

# Posté le samedi 11 juillet 2009 18:41

Modifié le mardi 14 juillet 2009 13:09

Si longtemps après nous.

Si longtemps après nous.
Le champs de maïs nous dépasse en taille et de notre point de vue, il atteint quasiment la pleine lune. On se frais un chemin en n'entendant que le bruit des épis que l'on écarte sur notre passage, qui on dirait, se renouvellent à l'infini. Je te suis, tu pousses une branche que tu relaches et que je me prends en pleine face, je te dépasse, tu me suis, tu coupes chemin, je te vois surgir de nulle part. Tu t'arrêtes, tu m'arrêtes. C'est le noir au dessus de nos têtes. Tu m'embrasses. On est en plein milieu de nulle part. Je n'entends plus rien. Les autres nous ont perdu. Je te sens juste. Jusqu'à ce que l'on dépasse quelques derniers brins (qui pourtant paraissaient en promettre beaucoup d'autres), et on se retrouve sur le vaste terrain de départ, la nuit m'apporte des sensations bizarres et de bien être, on marche simplement sur la pelouse qui nous ramène au campement, que l'on voit briller au loin grâce à son feu.

Toujours nous.

# Posté le vendredi 10 juillet 2009 16:16

Ah, si j'avais été un mec. J'aurais de beaux cheveux longs, ou des cheveux courts ébouriffés, j'aurais des potes fidèles et on formerait une bande, avec eux je parlerais que de filles et je passerais plus souvent mon temps à déconner qu'à assumer ou rester sérieux. Si j'étais un mec, j'aurais de belles hanches comme je les aime chez eux, des épaules imposantes mais pas trop, une clavicule douce et marquée avec laquelle une Elle jouerait. Je pourrais me tenir comme un mec, avoir l'allure d'un garçon. Comme j'aimerais avoir la carrure fine, d'un gars attirant, pas d'un gros dur ou d'un p'tit con qui se prend pour un bonhomme. Ah si j'étais un mec, j'essaierais d'être délicat et discret, de ne pas trop m'avancer et d'être réfléchi. Je serais brave et habile, je respecterais les femmes, et je serais dingue d'elles, de leur charme, de leur façon d'être, de leurs mimiques, de leurs chagrins, je voudrais peut-être même être une d'entre elles. Si j'étais un mec, je pourrais sortir à pas d'heure et profiter librement de la nuit, je bougerais tout l'temps sans l'inquiétude des darons, je serais pas opressé comme les filles qu'on surprotège de tout. Si j'étais un mec, je serais peut-être rien de tout ça. Et au lieu de tout ça, j'suis une fillette muette que l'on ne voit pas au milieu d'une fête, j'suis une fille qui a surement mal pour trop et rien, j'suis une fille
qui voudrait, qui voudrait, et qui sait pas être femme.

Photo prise en pensant au photographe Philippe Théry.

# Posté le lundi 06 juillet 2009 15:20