Je m'ennuie à mourir.

Je m'ennuie à mourir.
____L'âme mobile de la comtesse embrassa avec enthousiasme l'idée de ce nouveau genre de vie ; il y avait vingts ans qu'elle n'avait habité ce château vénérable s'élevant majestueusement au milieu des vieux châtaigniers plantés du temps des Sforce. Là, se disait-elle, je trouverai le repos et, à mon âge, n'est-ce pas le bonheur ? Sur ce lac sublime où je suis née, m'attend enfin une vie heureuse et paisible.
Je ne sais pas si elle se trompait, mais ce qu'il y a de sûr c'est que cette âme passionnée, qui venait de refuser si lestement l'offre de deux immenses fortunes, apporta le bonheur au château de Grianta. Ses deux nièces étaient folles de joie. Tu m'as rendu les beaux jours de la jeunesse, lui disait la marquise en l'embrassant ; la veille de ton arrivée, j'avais cent ans. La comtesse se mit à revoir, avec Fabrice, tous ces lieux enchanteurs voisins de Grianta, et si célébrés par les voyageurs : la villa Melzi de l'autre côté du lac, vis-à-vis le château, et qui lui sert de point de vue ; au dessus le bois sacré des Sfondrata, et le hardi promontoire qui sépare les deux branches du lac, celle de Côme, si voluptueuse, et celle qui court vers Lecco, pleine de sévérité : aspects sublimes et gracieux, que le site le plus renommé du monde, la baie de Naples, égale, mais ne surpasse point. C'était avec ravissement que la comtesse retrouvait les souvenirs de sa première jeunesse et les comparait à ses sensations actuelles. Le lac de Côme, se disait-elle, n'est point environné, comme le lac de Genève, de grandes pièces de terre bien closes et cultivées selon les meilleures méthodes, choses qui rappellent l'argent et la spéculation. Ici de tous côtés je vois des collines d'inégales hauteurs couvertes de bouquets d'arbres plantés par le hasard, et que la main de l'homme n'a point encore gatés et forcés à rendre du revenu. Au milieu de ces collines aux formes admirables et se précipitant vers le lac par des pentes si singulières, je puis garder toutes les illusions des descriptions du Tasse et de l'Arioste. Tout est noble et tendre, tout parle d'amour, rien ne rappelle les laideurs de la civilisation. Les villages situés à mi-côte sont cachés par de grands arbres, et au dessus des sommets des arbres s'élève l'architecture charmante de leurs jolis clochers. Si quelque petit champ de quelque cinquante pas de large vient interrompre de temps à autre les bouquets de châtaigniers et de cerisiers sauvages, l'oeil satisfait y voit croitre des plantes plus vigoureuses et plus heureuses là qu'ailleurs. Par delà ces collines, dont le faîte offre les ermitages qu'on voudrait tous habiter, l'oeil étonné aperçoit les pics des Alpes, toujours couverts de neige, et leur austérité sévère lui rappelle des malheurs de la vie ce qu'il en faut pour accroitre la volupté présente. L'imagination est touchée par le son lointain de la cloche de quelque petit village caché sous les arbres : ces sons portés sur les eaux qui les adoucissent prennent une teinte de douce mélancolie et de résignation, et semblent dire à l'homme : La vie s'enfuit, ne te montre point si difficile envers le bonheur ui se présente, hâte toi de jouir. Le language de ces lieux ravissants, et qui n'ont point de pareil au monde, rendit à la comtesse son coeur de seize ans. Elle ne concevait pas comment elle avait pu passer tant d'années sans revoir le lac. Est-ce donc au commencement de la veillesse, se disait-elle, que le bonheur se serait réfugié.

# Posté le mardi 08 septembre 2009 15:09

EST-CE QUE QUELQU'UN TRAINE ENCORE DANS MA VIE.

EST-CE QUE QUELQU'UN TRAINE ENCORE DANS MA VIE.

# Posté le dimanche 06 septembre 2009 08:21







" - Sinon tu te déguises en Némo.
- Mais on risquera de me demander à plusieurs reprises en quoi j'ai essayé de me déguiser.
- Eh bah si tu dis que tu "cherches ta maison" ça va le faire.
- ...
- Mais on risque de te raccompagner."

# Posté le jeudi 03 septembre 2009 15:47