Je voudrais te revoir.

Je voudrais te revoir.

Seuls quelques morceaux de phrases se perdent sur des brouillons. L'appareil auquel j'accorde le plus d'importance se retrouve abandonné dans un coin de la pièce. Le vide. Le mot qui arrive le mieux à s'installer dans ma petite tête. Je devrais mettre tout ça en image. Mon issue de secours. Sur du papier photo. Avec des couleurs. Je n'y parviens même pas.
J. nous suit péniblement, la tête vers le ciel. Son regard retombe vers le sol. Je sais.
L'odeur de la bouffe orientale flotte dans les escaliers de l'appartement. M. balance machinalement ses clefs sur le meuble de l'entrée. Le geste du quotidien. M. habite seule avec sa mère. En face du cimetierre. Ce qui me fait penser que je m'accroche vraiment à chaque détails. Mon attention est portée sur les larges épaules de Toinou. M. ne cesse de m'afficher ses sourires les plus moqueurs.
Le temps est démesuré. Tout comme mon sentiment.
Je n'ai envie de rien. Pas même de toi. Dans mes pensées, à la recherche de ton rire, de tes sourires, ce qui me rends (impossibilité de trouver un adjectif convenable.) Je n'y résiste pas. Et comme s'il me manquait encore quelque chose. Un terrible manque. Que tu n'arriveras jamais à combler. Comme personne ici d'ailleurs. Les cours de sciences me font chier. Ma voisine est une étrange inconnue qui va m'attirer comme aucune fille ne l'a jamais fait. La pâleur de son visage détient quelque chose d'anormal. Je ne comprends pas. Je me trouve dans un bâtiment gigantesque, qui est, encore une fois, vide. Je suis infiniment petite face à ces grands rideaux rouges qui prennent soin de masquer la lumière. Dans les couloirs, des pièces. Blanches. Des lits, des draps, blancs. Un hôpital. Le temps ne s'est pas encore arrêté. Au milieu des infirmiers, des élèves du lycée se concentrent sur leurs cours de la journée. Je suis perdue devant leurs regards qui m'interrogent. Les salles de classes, les chambres vides. Le temps est compté. Tu n'es nulle part. J'ai quelque chose à te dire. Je dois te le dire. Le temps. « Tu peux encore lui dire, viens, tu peux lui dire, tu peux. »
J'ouvre les yeux. Je ne peux plus. Les draps m'étouffent. Ma nuque est brûlante. Je meurs de froid.
Je prends conscience que.

Le temps est une réalité. Tout comme...


# Posté le jeudi 20 septembre 2007 16:06

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 13:40

# Posté le dimanche 16 septembre 2007 14:37

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 13:37


- Non. Hors de question. On prend pas le scooter.
- Mais on sera plus vite arrivés !
- Non, je monte pas là-dessus !
- Ben moi je le prends, tu cours derrière moi.
- Non, range le, on y va sans le scooter. Allez !
- Oh allez... C'est con, on va pas le laisser là...
- Non, non, et non. Je te parie qu'on y sera quand même avant 18h.
- Ah ouais ? On pari quoi ?
- Un tour de scooter ?




# Posté le dimanche 09 septembre 2007 07:03

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 13:41

"Comme une vie fade et si triste à pleurer, moi je ne pense qu'à toi."

"Comme une vie fade et si triste à pleurer, moi je ne pense qu'à toi."
La vie, l'amour, le bonheur, la peine.
Je suis jeune et j'aimerais affirmer que j'ai connu ces quatre là réunis, que je les ai déjà croisés, ou même, que je les fréquente en ce moment même, mais je ne suis que du haut de mes quinze jeunes années, et on m'a apprit qu'à cet âge ingrat, la vraie vie était « quelque chose » que je ne pouvais pas encore comprendre. On parle de bonheur, de sentiments, ça signifie que l'on parle d'années d'expérience. Quel âge faut-il avoir alors, pour déclarer que l'on a déjà été heureux. Ou pas. Comme si le fait de l'être était prétencieux. Oui car, quand on n'a que quinze ans, et que l'on ne cherche qu'à s'exprimer et qu'à faire ses preuves, l'adulte omniprésent de votre entourage ne cesse de vous rappeler que vous n'avez encore rien vu de la vie et que vous vous devez donc de fermer votre gueule. Vous n'avez rien à dire là-dessus, il a toujours raison, parce que vous n'avez pas « l'expérience » nécessaire pour vous la ramener. Je ne voudrais pas que l'on dise de moi que je fais-ma-grande, alors quand vous me parlerez de Bonheur, apprêtez vous à ce que je n'en réponde rien. Parce que je fuis votre bonheur. Je n'en veux pas, de votre bonheur. Ca ne m'intéresse pas, votre bonheur. Je n'y connais rien à votre bonheur. Je suis si jeune si conne. Et à voir les adultes banals que vous êtes devenus, il me repousse et me fait peur, votre bonheur. Vos règles et vos principes. L'amour et sa notice. Je passerai à côté de ça. Parce qu'en fait, votre bonheur sonne vraiment faux. Vie parfaite, mariage, ménage, pavillons, gosses, télé, métro, boulot, dodo, parce qu'à force d'être habitué à votre routine, vous ne vous rendez même pas compte que "demain est la malheureuse répétition d'aujourd'hui." Programmés. Vous vivez parce que vous êtes une machine programmée et sans interet particulier. Vous n'êtes que figés dans un décor (que j'aimerais bien massacrer.) Et j'aurais encore pas mal de choses à dénoncer à propos de ce qui m'effraie dans votre vie plate et déjà tracée, mais je ne voudrais pas vous infligez la compréhension de la réalité de votre banalité. Comprenez ma peur, mon angoisse, comprenez ma crise, mon malaise, comprenez les barrières que j'ai dressées entre vous et moi, comprenez tout ça puisque vous comprenez tout de la vie, c'est bien ça... Comprenez juste mon discours d'adolescente trop répété. Comprenez mon envie de rester différente. Comme un coup de gueule que je cherche à exprimer depuis longtemps, comme un refus de vivre dans cette société que je m'apprête à endurer. Mais l'engrenage est déjà bien avancé. Dans ce qui m'entoure, il y a les cours, l'école, le collège, le lycée. Tout qui se suit et qui ne s'arrête jamais. Tout ça. Et sans rien de bien particulier. Juste « des professeurs, qui récitent des formules par c½ur. » Et je suis lassée, blasée. Ca ne m'intéresse pas. De rester parmis toutes ces têtes neutres qui ne sont seulement là que pour qu'on leur bourre le crâne et qui au final, n'en retiennent rien. C'est juste un avant-goût amer, qui nous prépare à prendre votre relève, une fois que vous vous ferez dégagez. Ou que vous serez épuisés de votre vie insignifiante. Les bons côtés au milieu de tout ça. On arriverait presque à les oublier. Il y a l'amitié. Chose plus ou moins fiable dans un univers de pervers et de faux-culs à volonters, chose qui reste assez difficile à préserver. Et puis il y a l'ennemi numéro...2, 3, j'en sais rien, je ne les compte plus ; l'amour. Eternel attrape-con dont on fait vite le tour car personne ne vous correspond. Vous me direz, gamins comme on est, on a toute la vie devant nous pour trouver. « C'est pour la vie. Je suis à l'aube de ma vie mais je sais que nous deux c'est pour la vie. » C'est ce que je les entends se dire à longueur de temps, je ne les entends jamais changer leur disque des belles répliques amoureuses. Ils se répètent leurs jolies promesses, comme pour se persuader eux-mêmes de leur sens, parce qu'en fait au fond d'eux, ils n'y croient même pas l'instant d'une seule seconde. J'aime pas l'amour et ses fidèles déceptions. J'aime pas l'amour et ses cons manipulés qui se tiennent par la main et qui s'enlacent sur le banc d'à côté. J'aime pas l'amour et mes copines que ça fait pleurer dans les chiottes du bahut devant un miroir quand elles tentent en vain d'éviter que du noir se mette à couler. J'aime pas l'amour et toutes ses histoires qui se ressemblent trop, et question indépendance, c'est mieux de ne pas devenir accro. Alors comprenez que je sois effrayée par cette vie, par ce bonheur, par cet amour et-ceci-et-cela, mais n'oubliez pas que je reste jeune et conne, alors comprenez que je sois tombée dans le... piège-à-con. Comprenez qu'un jour je sois tombée sur un sourire angélique et sur des paroles qui se mèlent aussi aux miennes, comprenez que je me sente rassurée et bercée par les bras de « celui » qui me serre, qui vit dans un univers,
où je me sens réèlement bien.


J'aime pas l'amour. Je n'aime que lui.


"Alors viens sur moi sous mes doigts,
sur ma peau, dans ma vie,
alors lève toi, on est libre
de survivre à nos vies."




# Posté le dimanche 26 août 2007 14:42

Modifié le dimanche 22 juin 2008 17:26

Come from way above, to bring me love.

Come from way above, to bring me love.


Virevolter sous la pluie. Parce que l'averse est chaude. Nos jupes, trempées, nous collent à la peau. Nos cheveux dégoulinent dans notre nuque, glissent sur notre visage. Elle est folle. Surtout amoureuse. Comme moi. Cela se voit. Dans ce champ, j'ai envie de courir après l'envie, de me perdre dans ses yeux, de tomber dans ses bras. Mais il est loin. Alors je cours tout de même, je me perds, et je tombe, toute seule. Il me semble que respirer profondément et me laisser tomber à même le sol est la chose la plus agréable qui soit. Et puis je soupire. Mais je ne me lasse pas de l'attendre. Je reconnais au dessus de ma tête un ciel sombre qui en dit long. Je me repasse sans cesse l'histoire en boucle, et ça, du passé jusqu'au présent. Comment en est-ce arrivé là.
J'ai envie qu'il m'emmène loin de tout. Qu'il me fasse découvrir des sensations extraordinaires. Qu'il me serre chaque fois un peu plus fort. J'ai envie d'y croire, de m'en rendre folle. D'être capable de tout. D'absolument tout. Juste par amour.


"Tes bras qui me serrent ne mentent pas ? Tes grandes mains posées sur mon dos ne mentent pas, ni ton odeur, ni cette grande confiance qui m'inonde quand j'ai la tête au creux de ton cou ?"



Angel - Massive Attack

# Posté le mardi 14 août 2007 17:12

Modifié le vendredi 15 août 2008 10:34