Tu vois je cours pour voir demain.

Tu vois je cours pour voir demain.
______Pour commencer, le début de l'amour - la peur que c'est. La naissance, on a froid, on a mal, on a peur. L'angoisse est le signe initial de l'amour, comme elle en signe aussi la fin, c'est même une chose étrange, cette symétrie : l'amour commence comme il finira, il finit comme il a commencé, par cet effroi qui serre le c½ur autour d'un vide, cet appel d'air entravé qui coupe le souffle comme un appel à l'aide. Voilà ce qui lui arrive, à H, cet évènement heureux et malheureux : elle vient au monde, elle subit la naissance de l'amour, cette naissance qu'est l'amour. L'amour commence comme on vient au monde, c'est âpre, ça râpe et ça fait mal, l'air déchire et manque à la fois, on voudrait crier au secours, on est faible et nu, à découvert, on a peur, on est innocent : on naît la mort dans l'âme. On naît la mort dans l'âme parce qu'on sait tout, on doit bien le savoir, on n'aurait pas peur sinon. Ça s'est déjà passé autrefois, la rencontre a déjà eu lieu, on s'est déjà vus quelque part. On naît à l'amour en se souvenant du passé, même quand on a quinze ans et que c'est la première fois - ce n'est jamais la première fois : dans les battements du c½ur en alerte, on n'est pas de la dernière averse, on sait comment il vient, on se souvient de ce qu'il devient, on connaît l'avenir aussi. Tomber amoureux, c'est naître en se souvenant d'être né, aucune naissance n'est naïve, c'est vieux comme le monde. Quelque chose se rejoue, qui fait trembler, on a déjà marché dans cette jungle, aux aguets, menacé, mais quand, mais où, la peur ne dit pas tout, la peur a ses secrets - on enrage, on s'émeut, on perd courage : on n'a pas demandé à naître.

Camille Laurens - Ni toi ni moi
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# Posté le dimanche 25 octobre 2009 21:30

Il était très tard ou très tôt quand on a longé la scène, on a parlé pour pas avoir froid, et je me souviens que la nuit nous promettait un moment rien qu'à nous. J'ai bien aimé m'accrocher à ton bras parce que je trouvais les immeubles sans vie angoissants, j'ai bien aimé ta voix grave qui m'accompagnait cette nuit là. On devait pas être là. On a contourné l'arrière de l'immense bâtisse qui ronronnait en rasant les murs, je t'ai suivi, même s'il y avait quelque chose d'effrayant dans nos gestes. On a passé la barrière pour trouver là un bassin sombre et absolument immobile jusqu'à ce qu'on ne perturbe son angoissante tranquillité. Les réverbères du pont d'en face ne suffisaient pas à éclairer l'eau trouble dans laquelle on s'est plongé. Tu nageais, enveloppé dans le noir, des gouttes perlaient sur ton menton, tes cheveux étaient en arrière, ta peau luisait dans l'obscurité. Il y avait quelque chose de mystérieux et de dérangeant.
Je me souviens juste de ça.

# Posté le dimanche 18 octobre 2009 15:27

Searching for the space monkey.

Searching for the space monkey.





Deux filles splendides qui m'accompagnent. Les quais dans une presque brume. Le presque silence et l'eau presque plate. La nuit presque tombée. Des bouteilles presque vides et des rires entiers. La vitesse à laquelle je vois la ville illuminée défiler sous mes yeux au retour. Un mec qui embrasse une fille et qui la regarde partir au loin, loin de la Seine. J'ai le c½ur léger.
On va planer, je te le garantis.





# Posté le samedi 10 octobre 2009 09:10

On se revoit pas pendant un an. Cap.

On se revoit pas pendant un an. Cap.







Même trempée je crois que j'aurais pu t 'attendre plus que ça, juste pour voir ton sourire débarquer et me mettre une claque. Tu me fais du bien quand tu ris pour rien, quand, comme avant, on se cache pour espionner de près ceux qui occupent nos vies au présent. C'est la même 'adrénaline', c'est la même bêtise, c'est le même endroit le soir, c'est le même passage piéton.
C'est que si tu m'embrasses quand il pleut je veux bien rester sous la pluie. Fais moi danser. Fais moi danser partout où on va, pour qu'ils se souviennent de nous, pour que je me rappelle de Toi.

# Posté le mercredi 07 octobre 2009 15:16