A la faveur de l'automne, revient cette douce mélancolie...

A la faveur de l'automne, revient cette douce mélancolie...
Postée devant la fenêtre, je guette les âmes esseulées, à la faveur de... Toutes les nuits je dormais avec le t-shirt blanc qu'il a oublié, le jour où on a prit cette douche tout habillés. Toutes les nuits aussi, je jouais avec la lumière, j'allumais, j'éteignais, j'allumais et je voyais mon reflet allongé dans le vélux entre-ouvert, alors j'éteignais. Je regardais les photos que j'ai pas eu le temps de voir tant il y en a, en faisant attention aux détails, en observant ses mains, ses avants-bras, ses doigts, la couleur de sa peau, encore bronzée à ce moment là. Tous les jours j'avais envie de cocher une case, qui serait celle d'un jour de plus, passé, avec effort, sans Lui. Et puis un soir, en rentrant chez moi, en longeant le Quatorze Juillet, j'ai vu au loin une silhouette dans l'ombre que j'allais croiser, et la première chose que j'ai espérée, comme un réflexe, a été, si seulement ça pouvait être lui. J'avançais de plus en plus. Les lampadaires la lumière orangée. Et plus il avançait vers moi plus il devenait évident que caché sous sa capuche, accompagné de sa démarche repérable à des kilomètres pourtant, c'était lui. Je ne sais plus ce qu'on s'est dit. Je sais qu'on a marché, fait une bataille en shootant dans les tas de feuilles avec nos pieds. On s'est abrité à un arrêt de bus pour éviter les cordes qui tombaient, qui semblaient dire, allez, allez, rapprochez-vous tous les deux. Et puis il m'a fait courir pour rattraper le bus qu'on a réussi à louper. Je sais pas courir moi, mais je l'ai fait quand même, lui il sait si bien courir, et il court si vite. Si on avait pas couru, peut-être qu'aujourd'hui tout serait différent. Peu importe. Un sourire est venu me chercher.

# Posté le samedi 14 novembre 2009 13:31

Tomber de fatigue, se partager à quatre voire cinq un lit deux places, profiter de sa journée car se lever à quinze heures, petit déjeuner à dix-sept, ne plus marcher sur le sol mais piétiner nos tonnes d'affaires de filles, écouter Margot chanter dans les toilettes, laver le lavabo au benco, dormir avec un gros pull Rammstein, sponsoriser la semaine aux tartines-pain-de-mie, manger équilibré, rester trois heures à table tant on se plait à parler de tout et de rien, prévoir trois autres heures pour faire cuir les pâtes, se répartir les taches mais laisser s'accumuler la vaisselle, rire à chaque fois qu'on ouvre le frigo parce que photo de Jade bébé sur la porte, regarder Twilight emmitouflées sur le canapé en mangeant le caramel de Mathilde, faire des frites à quatre heures du sbar et avoir le c½ur serré devant Sex and the City, l'avoir moins devant le Diner de Con. Nettoyer l'appartement et à la dernière minute, éclater la cafetière sur la porte blanche, manger une tomate, tranquille à la fenêtre, le regard dans le vague et ne pas capter qu'on met aux parents un PV sous nos yeux. Se raconter des histoires louches et avoir si peur, que préférer allez faire un tour dans la nuit. Descendre en centre ville tous les soirs, aller à la mer, rencontrer le CHE, s'asseoir sur les rideaux, les faire tomber, essayer tous les jours de les réparer, se décider à aller faire un tour de quelques minutes et ne revenir que le lendemain à sept heures, retrouver son chemin à l'aube, les jambes cassées fatiguées, mettre une heure à retrouver la route. Rencontrer des garçons bizarres et les suivre quand même, finir la nuit dans un appart' bizarre, moisi et surement plein de puces, dormir dans un putain de lit de bâtard avec un garçon tellement énervé. Rire à se pisser dessus, se mettre toute nue dans la rue, toujours chercher les clefs, préparer le gin-fizz de Margot après chaque repas, déboucher le Bailey's et ne plus JAMAIS le rouvrir. Recevoir un coup de fil et des guilis au c½ur, pendant qu'elles vous amusent à faire n'importe quoi. L'entendre dire, qu'il a quelque chose de très important à vous déclarer, et vous sentir folle de joie. Voir double ou à moitié, finir par terre ou sur des vidéos insolites, ne se souvenir que du Qui-A-Déjà, du rire éclaté de Mathilde, d'avoir parlé à un garçon à la fenêtre, d'avoir vu Margot en semi coma sur les toilettes la porte ouverte, de s'être endormie avec douceur près d'elle en lui marmonnant des choses sans sens. Se réveiller brutalement quand tout le monde dort, courir aux toilettes et tout dégobiller pendant que Jade arrive à la rescousse. S'avouer un soir, dévoiler se confier, évacuer et trouver les similitudes de nos vies, se retirer pour pleurer et la sentir venir sur moi pour s'effondrer aussi. Regarder un film d'horreur peu crédible, matter Timon, danser rire chanter, ne rien demander de plus que d'être avec ces filles là, oublier surement des choses à dire mais garder un souvenirs extra de cette semaine et vouloir remettre ça.
Si les amours repartent aussi vite qu'ils sont venus, les amitiés prennent le temps de s'installer et, ne sont jamais perdues.

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 17:04

Les mots en vrac.

Les mots en vrac.
A l'éternel terminus j'attends un énième bus qui m'emmènera peut-être ce soir quelque part où je me sentirai bien. Il s'arrête, je me cale sur le dernier siège et il repart. Une jeune fille à l'écharpe blanche nettement visible dans la nuit attend au prochain arrêt. Elle grimpe, sourit à ma vue et vient près de moi. On parle, et la route parait si courte, je ne vois pas le trajet ni les rues, je ne prête attention à rien. Mais une fois arrivées à destination, une fois postées devant la maison dans nos écharpes et nos manteaux, l'aube de ce matin d'été me revient brutalement et je revois dans le ciel noir et dur de ce soir, le dessin parfait de celui qu'il était à ce moment là. Il devait être six ou sept heures et, bras dessus bras dessous, on croisait ceux qui partaient travailler, alors qu'on rentrait d'une nuit blanche, tous les deux, jusqu'à chez Toi. Je me rappelle encore la façon dont on est tombé de fatigue sur ton lit, dans ta chambre qui était encore ta chambre, la moquette verte et tiède sous nos pieds nus, la petite fenêtre, tes couvertures que j'aimais pas. Et on est tombé dans un sommeil si doux, que j'en regrette la sensation. Vous savez, ce sommeil qui ne vous trahit pas, qui vous enveloppe, vous protège, ce sommeil dans lequel vous ne vous sentez pas seul. Le jeune homme aux traits angéliques nous ouvre la porte et me chasse de mon souvenirs. Son visage m'est devenu familié et j'y trouve comme un refuge. On rencontre tout le monde et c'est en nous voyant tous réunis que je ressens doublement ton absence. Cette soirée ressemble tellement à celles de cet été. Mais tout a changé. Ici on se cherche, on ne se trouve plus. Cette maison cache bien des secrets. U. lance un morceau, c'est Sunshine de Patrice Rushen, alors je rejoins la demoiselle qui est partie fumer toute seule dans l'arrière cours. Quelques heures plus tard, je pars de la maison pour la rejoindre, et une fois devant elle, je ne sais pas comment lui expliquer tous ces mois qu'elle a manqués. J'aimerais me mettre à pleurer. Elle n'a pas changé, elle a toujours cette même expression, et je suis reconnaissante de sa personne entière, mais je reste triste. Si elle avait su, si on avait su, on n'en serait pas arrivé là... Il est une heure, l'hôtel de ville est vide, la fête est finie, le monde est parti, est-ce que tu étais ici ce soir ou ailleurs, est-ce que tu dors.Il y a une brume si épaisse qu'on dirait qu'il pleut à verse mais il n'en est rien, il fait très chaud, on y voit rien, alors que l'espace est complètement VIDE. L'horloge murale enfoncée dans la battisse indique trois heures, les minutes sont amères et j'ai conscience de chacune d'entre elles. Il n'y a rien ici qui n'ai pas de rapport avec Toi. Je crois que je déteste cet endroit depuis toujours. L'hôtel de ville voit des gens transparents et pressés passer et repasser, des lycéens qui se retrouvent gaiement et qui constituent un monde auquel je n'appartiens pas, l'hôtel de ville fait progresser quelques skateurs admirés de tous et fait rire aux éclats sur les bancs ses admiratrices. Cette nuit l'hôtel de ville est vide et je ne vois aucune différence avec l'image qu'il dégage en plein jour.
Le c½ur de la ville est fade, et j'ai l'impression de me trouver dans le mien.

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 14:35

I won't let this build up inside of me.

I won't let this build up inside of me.
Et l'état d'esprit errant dans lequel je me trouve me rappelle bizarrement ces nuits, quelques un an et demi plus tôt où le sommeil m'était opté, quand je triais le bordel infini et accumulé qui recouvrait le sol de ma chambre pendant que la s½ur faisait griller des chamallows au briquet sur le lit à baldaquin. Ces nuits où j'écoutais tes chansons rassurantes comme si elles allaient me promettre ton retour, quand je faisais naître des espoirs qui ne partaient de rien. Il fallait que je fasse le deuil de ta perfection qui n'était plus mienne. Je me souviens qu'un jour, j'ai gravé sur les murs de la chambre son surnom, avant que le papier peint ne soit refait. Son surnom qui nous faisait bien rire depuis longtemps et qu'on gardait en secret... On a tant parlé de lui. Toujours des échos sur ce lui que je ne connaissais pas. Ce qui ne m'empêchait pas de le mépriser un peu, c'est vrai. Sa tête hautaine et ses regards de haine non justifiés m'ont plus d'une fois laissée perplexe. Et puis ce n'était peut-être pas un hasard après tout si son nom était inscrit sur les murs qui m'entouraient, parce que quelques semaines plus tard, je le rencontrais... Je t'ai revu, l'autre soir. Je me faufilais entre les gens dans cette boite de misère, lieu de rendez-vous de la fin de toutes mes histoires, quand je me suis cognée à toi. Tu t'exclames avec surprise à ma vue et j'en profite pour remarquer que tes yeux n'ont pas changé, il n'y a que ton regard qui n'est plus le même. L'entrevue a duré sept secondes à tout casser et me voilà déjà à l'autre bout de la salle et loin de toi, avec le c½ur perdu et essoufflé d'avoir comprit que tu étais Le garçon, et que tu le resterais. Pendant longtemps j'ai cru que je n'en reviendrais jamais, parce que me remettre de toi, c'était mettre fin à la passion, au bien être et à la déchirure. J'aurais pu t'aimer toute une vie. Et puis après ces nuits d'insomnie, Il a survolé mon lit et caressé mon passé. Pour la première fois depuis des mois, j'ai été rassurée. Un nouveau toi qui ne l'était pas. Il est devenu ma deuxième personne du singulier, parce que je t'ai laissé au passé. Ce nouveau Toi. L'inattendu. Cette surprise. Parce que la vie n'est faite que de ça. Aussi bonnes que mauvaises. Si je raconte tout ça, ce n'est pas vraiment pour toi, tu l'avais compri, mais c'est surtout pour Lui, pour cette magie qu'il a apportée le jour où il m'a prit sous son aile, pour ces moments si doux gâchés par le temps. Pour ces souvenirs que je n'arrive pas encore à roder complètement. La roue tourne, c'est certain, se retourne, je le sais, et on paie, pour tout ce que l'on a fait, je le réalise vraiment. Je lui en veux, il me semble, de m'avoir recouverte de promesses illusoires ; aujourd'hui j'observe le vide et l'histoire se répète, car l'insomnie revient. Je crois qu'il ne se rend pas compte de l'effort que c'est, que de rester sans signe, sans geste, sans mots, sans nouvelles,
accroché dans son néant.

Combien de fois encore on me forcera à ravaler ma tendresse ?


Octobre m'a sauvée.

# Posté le vendredi 30 octobre 2009 20:13